L'énergie Kundalini
CAROLINE GAUTHIER Roman initiatique « Au Nom du Corps »
Résumé :
Quel intérêt pouvait avoir la vie, si elle n'était pas capable de recevoir la lumière d'une fleur ou la beauté d'un arbre ?
À quoi cela lui servait-il de courir en tout sens ?
Pourquoi exister si elle ne prenait pas le temps de sentir sur sa peau la brise du vent ?
Comment pouvait-elle vivre dans cette lutte acharnée, dans un quotidien trop lourd, sans le soutien des forces mystérieuses qui gouvernent le monde ?
Elle criait pourtant la nuit dans ses rêves pour que la détresse de sa nature oubliée soit enfin écoutée. Le jour cependant, elle repartait au combat sans sentir l'alerte de son corps fatigué.
Ce dernier n'arrivait même plus à se faire entendre ! Cuirassée et muselée, elle n'avait plus accès à sa source.
Aucune sensation ne pouvait lui donner le message qu'il fallait tout stopper ! Car son corps était emmuré. Elle en était coupée.
Un jour, pourtant, la goutte de trop a fait déborder le vase. Tout a disjoncté...
Sa nature profonde en dehors de sa volonté a alors repris les commandes. Une force provenant de ses entrailles s'est réveillée. Un serpent de feu a tout brûlé.
Elle n'a plus eu le contrôle sur rien. Tout le superflu de sa vie à disparu sur un coup de baguette magique. Et tout s'est effondré.
Attirée par des forces insoupçonnées, elle est partie sur des terres mythiques et réputées où toutes ses belles parures lui ont été ôtées.
Elle a alors cru que des forces maléfiques étaient à l'oeuvre. Que quelque chose lui voulait du mal. Il ne pouvait en être autrement !
Car ces forces l'ont dépouillée de tout le superflu ! Et elle s'est retrouvée nue.
Un à un les artifices de sa vie d'avant ont disparu ! Et, elle a tout perdu : maison, mari, emploi et argent.
Mais grâce cette descente, elle a découvert l'essentiel. Elle a pu se remettre en lien avec la beauté de la vie. Elle a entendu les oiseaux et les arbres ; elle a senti la terre et le soleil ... Elle s'est enfin arrêtée dans l'immensité du vide.
Et à partir de là, dans cet espace creux et tout neuf, elle a vu sa propre vérité.
Elle ne court plus, mais elle crée.
Elle ne lutte plus, mais elle écrit. Elle ne crie plus la nuit, mais elle chante le jour.
Elle danse sa vie en suivant ce qu'elle sent.
Il ne s'agissait donc pas de forces maléfiques. C'étaient les forces de la vie même qui l'ont remise dans son essence. N'est-ce pas là le sens de toute crise ? De toute initiation?
Au fond du trou et de l'ombre, il y a une lumière aveuglante pour qui veut bien la voir
Voici ce texte spécial sur la beauté du silence et de ses bienfaits :
Elle avait toujours fui la chose la plus impensable pour elle :
Le fait qu'il n'y avait eu personne pour prendre soin d'elle.
Elle tournait donc toujours en rond depuis,
Pour ne pas faire face à ce qu'elle avait enfoui.
Elle comblait ce vide par des palliatifs nombreux et variés,
Et avait fait de sa vie une mascarade digne d'une mauvaise série B.
Tout était bon pour éviter de sentir ce qui était caché,
Et pour se faire croire que tout était parfait.
Elle avait donc beaucoup entassé de nombreux signes extérieurs de richesse,
Pour masquer son immense faiblesse.
Elle enfermait même tous les hommes qui l'approchaient
Pour éviter de se sentir de nouveau délaissée.
Et, ces derniers finissaient tous irrémédiablement par partir et par fuir,
Car il ne pouvait réussir à la chérir.
Elle mendiait ce qu'elle n'arrivait pas à se donner.
Et plus elle amassait hommes et argent,
Pour ne pas faire face à son vide béant ;
Et plus elle déprimait,
Car rien de cela vraiment ne la nourrissait.
Rien ne pouvait donc venir rassasier les démons de son ventre qui l'avaient squatté.
Elle finit un beau jour, déprimée,
Affalée sur son canapé.
Il y avait forcément quelque chose à changer, Cela ne pouvait plus durer !
Elle arrêta donc toute action,
Et plongea dans son gouffre profond ...
Elle se laissa glisser et arrêta de lutter.
À sa grande surprise ce qu'elle comprit, c'est qu'il y avait toujours eu quelqu'un pour l'accompagner et l'aider.
Mais elle n'avait pas pris le temps de le sentir et de le regarder.
Ce qui avait toujours était là depuis le début, c'était quoi vous croyez ?
C'était elle qui était à ses côtés !
Sa douce présence,
Qu'elle se mit enfin à sentir dans le silence.
Jusqu'à présent, elle n'avait juste pas eu le temps de s'arrêter,
Pour l'écouter ce silence immaculé...
Et comme un paradoxe, dans son vide qu'elle croyait être chagrin,
Elle sentit du plein !
Dans cet espace où plus rien ne bougeait,
Elle entrevit le sacré...
Et elle se mit tous les jours à écouter l'espace de silence entre les notes, entre son inspir et son expir, entre son état de veille et de sommeil, entre la nuit et le matin,
Pour entrevoir le souffle divin.
Elle comprit que, sans ce silence habité,
Il n'y aurait pas de lumière dans ses journées.
Sans ce silence à ses côtés, elle resterait possédée.
Car c'était lui qui la nourrissait.
Sans la conscience et sa douce présence,
Elle resterait ce qu'elle avait été : un objet.
L'objet de son manque et de ses désirs inhabités,
L'objet de ses impatiences et de ses vides à combler.
Sa présence consciente grâce au silence et à ses pauses répétées
L'avait maintenant délivrée.
Elle était aujourd'hui pleine et entière de son silence immaculé
Qui la nourrissait quand elle marchait.
Elle n'attendait plus
Elle avait retrouvé la vue...
Elle n'était plus aveugle et marchait éclairée
Sur le chemin de sa créativité
CAROLINE GAUTHIER
Roman initiatique « Au Nom du Corps »

